Dougga, la cité romaine

Dougga, la cité romaine
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(Last Updated On: 26 mai 2018)

Classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1997, Dougga est le plus important site archéologique de la Tunisie et le site le mieux conservé du Maghreb. Il est inclus dans le gouvernorat de Béja et se situe donc au nord-ouest du pays. Sur ses 70 hectares, on retrouve encore des monuments témoignant des nombreuses occupations qui se sont succédé sur le site.

L’histoire de Dougga

Son nom antique est Thugga. Le site se situe à quelques kilomètres de la ville de Téboursouk. Avant la domination romaine, son histoire est méconnue, mais la présence de divers monuments pré-romains tels qu’une nécropole à dolmens, un sanctuaire à Ba’al Hammon, des temples dont un dédié à Massinissa et un mausolée libyco-punique pousse à croire que d’autres peuples y ont vécu.

Ces vestiges ont permis aux historiens d’établir une chronologie de l’occupation du site. Ainsi, le temple à Massinissa signifierait que la ville numide se situait sur le plateau et qu’elle n’était pas rattachée à la nouvelle ville romaine. L’édifice aurait été construit en 139 av. J.-C. et affiche une longueur de 14 mètres sur une largeur de 6, 3 mètres. Cela signifie qu’avant l’arrivée des romains, la ville était déjà urbanisée.

Dougga, la cité romaine

En ce qui concerne le mausolée de Dougga, il se situe dans une nécropole urbaine. Les « murailles numides » quant à elles, ne seraient pas numides comme on le croyait puisqu’il s’agirait, en réalité d’une partie de la fortification de Dougga qui date de l’Antiquité tardive. Des fouilles récentes ont permis de déterminer qu’il s’agirait de deux tours numides qui sont des monuments funéraires.

Avant l’arrivée des Romains, Thugga était alors une vieille cité numide laquelle était influencée par Carthage. Les Romains lui ont ensuite attribué le statut de cité indigène à laquelle un pagus de colons romains s’est ajouté. Pendant près de deux siècles, le site a vu cohabiter deux cultures : le pagus romain et la cité de pérégrins. Peu à peu, la cité pérégrine se romanise puis les deux entités finissent par fusionner en l’an 205, sous le règne de Septime Sévère, pour former un municipe. Ce dernier fut baptisé Municipium Septimium Aurelium Liberum Thugga. A partir de là, la cité se développe assez vite et gagne en prospérité.

Chaque entité a laissé des vestiges importants sur le site actuel de Dougga, mais on ne serait exactement déterminer lesquels proviennent de la cité pérégrine et les lesquels sont issus de la cité romaine puisque leurs cultures étaient très proches.

La cité de Dougga

Le site archéologique de Dougga en Tunisie

Ce qui est sûr c’est que la cité, comme on peut encore la voir aujourd’hui, se compose essentiellement de vestiges datant de l’époque romaine et plus précisément du IIè et IIIè siècles. Le cœur de la cité est représenté par le sommet culminant de la colline puis au fil de son développement, la ville s’est étendue sur le flanc de la colline pour former une masse compacte.

Durant les premières fouilles menées sur place, les archéologues ont découvert ce qu’ils appellent « la cité des vivants ». Au sein de cette dernière, on retrouve des habitations et des bâtiments privés. On y a également trouvé des habitats datant de l’époque numide, notamment sous l’auditorium du temple de Liber Pater ainsi qu’un marché datant du Ier siècle. Ce dernier est entouré de portiques et de boutiques. Il s’étend sur une surface de 35, 50 mètres sur 28 mètres. Le site prouve que d’importants travaux de terrassement y ont été exécutés. Le marché a été mis à jour en 1918-1919. Les spécialistes ont appris qu’il a été presque détruit suite aux travaux d’aménagement du fortin byzantin.

Et à côté de la « cité des vivants », Dougga abrite bien sûr une « cité des morts » composée de :

  • dolmens : les fouilles qui s’y réfèrent ont permis de découvrir des céramiques modelées ainsi que des squelettes
  • tombes dites à bazina qui datent de l’époque numide
  • mausolée libyco-punique : il s’agit d’un tombeau de 21 mètres de hauteur qui a été construit au IIe siècle av. J.-C. On pense qu’il est dédié à Atban d’après une inscription aujourd’hui encore conservée, mais rien n’est sûr puisqu’une autre inscription bilingue a été effacée sur la fausse fenêtre. Pour accéder au tombeau, il faut emprunter un piédestal de cinq marches. Au premier étage, on découvre une fenêtre fermée qui donne sur la chambre funéraire. Au second étage, on retrouve une colonnade empruntant la forme d’un temple et au troisième et dernier étage, on retrouve des pilastres se terminant par un pyramidon. Chaque face du tombeau est richement décorée
  • sépultures datant de l’époque romaine
  • hypogée : il s’agit d’un édifice à demi-enterré qui a été construit au milieu d’une ancienne nécropole. Il a été conçu pour accueillir des urnes funéraires. D’ailleurs, lorsqu’il a été découvert en 1913, il contenait des sarcophages

En savoir plus ici

Les autres édifices du site

Le site archéologique de Dougga

Mises à part la cité des vivants et la cité des morts, Dougga abrite également :

  • deux arcs : l’arc de Septime Sévère et l’arc de Sévère Alexandre
  • un forum qui abrite un capitole, une partie entourée de portiques, …
  • un théâtre qui aurait été construit entre 168 à 169. Il s’agit d’un des plus anciens théâtres les mieux conservés d’Afrique romaine
  • un auditorium qui est rattaché au temple Liber Pater
  • un cirque réservé aux courses de chars
  • un amphithéâtre
  • des thermes : l’un de ces centres thermaux sont est inclus dans une maison privée tandis que les deux autres à savoir les thermes d’Aïn Doura et les thermes liciniens, ont été ouvertes au public. Les Thermes des Cyclopes, quant à elles, auraient été à usage privé, mais rien n’est encore sûr. La mosaïque qui y a été découverte est aujourd’hui exposée au musée national du Bardo
  • des temples : celui de Massinissa divinisé, celui de Mercure, celui de Minerve, celui de la Piété Auguste, celui des Victoires de Caracalla, celui de Saturne, celui de Pluton et celui de Junon Caelestis. On y trouve également l’église de Victoria ainsi qu’un édifice baptisé Dar Lacheb

Et pour compléter le tout, Dougga abrite encore diverses infrastructures ayant permis le fonctionnement de ses thermes et de la ville en général.

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